Apprenance - Entreprenance - Intelligence-collective

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L’accès à la connaissance : la révolution invisible (Article Septembre 2006)

Le lancement du projet « des autoroutes de l'information » a créé un grand bouleversement économique et social. Depuis les années 80 la mise en réseau, l'accès à des bases de données illimitées est devenu un véritable phénomène culturel. L'ouverture de l'information à tous, dans tous les domaines, fait de ce cyberespace une immense encyclopédie vivante grâce aux échanges que cela développe.

La mutation que le « cyberespace » engendre est un grand enjeu de civilisation, elle modifie profondément le rapport au temps et à l'espace, les langages et techniques intellectuelles.

Les navigations transversales, hétérogènes, nous font devenir des nomades d'un autre espace. Ce nomadisme tient à la transformation rapide et continue des paysages scientifiques, techniques, économiques, politiques, professionnels et mentaux.

L'importance de la vitesse de cette transformation multidimensionnelle dont nous ne sommes pas maître, réclame de nous une adaptation optimale et permanente. 

L' immobilisme de certaines entreprises et organisations ou la résistance face à ce phénomène engendre le risque de "mourir " car le paysage continuera de bouger avec ou sans eux. En effet dès que le renouvellement des connaissances et des savoirs ralentit, l'entreprise ou l'organisation est en danger de sclérose. L'acquisition des connaissances se fait maintenant beaucoup hors de l'entreprise grâce au web toutefois rien ne permet dans les organisations de prendre celles-ci en compte .

L'espace du nouveau nomadisme est un espace invisible des connaissances, de savoirs, des puissances de pensée non limité
par le territoire géographique, ni celui des institutions ou des états. 

Ce nouvel espace anthropologique, l'espace du savoir, s'ouvre vers la création sans cesse renouvelée d'une intelligence collective.

Les mises en relation et les réseaux d'innovation  contemporains sont transversaux et trans-entreprises. La cybernétique autorise l'ouverture au savoir et à la connaissance pour tous. En effet chacun  peut à tout moment se connecter sur Internet, chercher les informations et les connaissances dont il a besoin. De plus chacun est  potentiellement émetteur et récepteur

Les personnes ne se rencontrent pas par leur nom, leur position sociale ou géographique mais selon des centres d'intérêts partagés, ce qui modifie considérablement le rapport au savoir et à sa suprématie que certains utilisent comme un  pouvoir de domination.
« Le cyberespace manifeste des propriétés qui en font un instrument de coordination non hiérarchique, de mise en synergie rapide des intelligences, d'échange de connaissances et de navigation dans les savoirs » (Cf. article de Pierre LEVY, le monde diplomatique � Octobre 1995)
Ce rapport au savoir est fondamentalement transformé et modifie les relations interpersonnelles et d'autant plus les relations aux organisations « tayloriennes », « bureaucratiques » .. .
 Plus rien ne peut s'interférer au développement des compétences et à l'autoformation
(qui n'est pas la « solo formation développée par le e-learning).
 

L'activité des Réseaux d'Echanges Réciproques de Savoirs (Claire HERBET SUFFRIN) illustre parfaitement la circulation de toutes les connaissances et le phénomène de la réciprocité comme créateur de lien social « physique et matériel », d'enrichissement mutuel.
La cybernétique devient un instrument au service du lien social par l'échange des savoirs et la création de réseaux qui oblige à repenser le rapport au monde. 
C'est  à l'occasion d'interactions coopératives dans le cyberespace international que se jouent l'émergence et la redéfinition constantes d'identités distribuées.

 

Il s'avère donc important de prendre en considération ce phénomène lorsque l'on se penche sur les pratiques pédagogiques et la formation devenues pour la plupart totalement innapropriées en terme d'apprentissage face à la complexité et à l'abondance d'information.

Les points essentiels deviennent :

  • la capacité de faire le lien et de transposer des savoirs et savoirs faire 
  • la capacité de traiter toutes les informations multidimensionnelles et mutli sources
  • la complexité et l'incertitude étant de plus en plus importante, il ne s'agit plus de résoudre des problèmes mais bien de mobiliser les connaissances et compétences de tous tout en contribuant à leur développement (individuel et collectif) dans une vision commune et partagée qui peut - être la pérenisation de l'entreprise et l'innovation.


Nous verrons, dans le cadre d'autres articles,l'expérience de la mise en oeuvre de certaines méthodes pédagogiques et les dispositfis adaptés à ce genre de problèmatiques.



10/02/2015
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