Apprenance - Entreprenance - Intelligence-collective

Apprenance - Entreprenance - Intelligence-collective

L'approche systémique : un savoir (Article Mai 2006)

Corps de connaissance constituant un ensemble "ouvert" de concepts.

 

Définition :

Etymologiquement le mot provient du grec sustema qui signifie "ensemble cohérent"

De Jacques Lesourne : un système est un ensemble d'éléments en interaction

dynamique

De Joel De Rosnay : un système est un ensemble d'éléments en interaction

dynamique, organisé en fonction d'un but.

A partir des systèmes vivants, il y a émergence d'auto organisation créatrice.

(Cf. organisation : NONAKA / Psychologie du développement : A.BANDURA)

 

1.1.          Le système englobant

Toute entreprise à un projet global, cela comporte plusieurs niveaux et plusieurs

domaines afin de faire aboutir le projet. Or dissocier les éléments du projet serait une

marque d'incohérence fondamentale. Il est évident que les traiter conjointement est

totalement adapté pour mener le projet à bien et en délivrer le sens.

 

1.2.          L'ouverture : une condition nécessaire

Tout système doit échanger en permanence avec le milieu extérieur dont il reçoit

énergie, matériaux, information. Les flux d'informations échangés tant avec l'extérieur

qu'entre les composants internes du système, impactent sur la globalité.

Un système qui échange avec l'extérieur est dit "ouvert" sur son environnement. Il peut

maintenir son organisation sinon la complexifier.

Un système fermé n'échange rien avec son environnement. Conformément au principe

d'entropie, il ne peut que disparaître.

 

1.3.          La variété

C'est le nombre de configurations ou d'états possibles que ce système peut prendre.

Cette propriété est nécessaire pour éviter la sclérose.

 

1.4.          La structure

Elle décrit le réseau des relations entre les acteurs du système. Elle matérialise son

organisation sur plusieurs niveaux. Ces niveaux permettent d'ordonner les données pour

en faciliter l'examen.

La confusion des niveaux peuvent engendrer des erreurs et handicape la compréhension,

tout autant que la circulation et l'utilisation de l'information.

Cette notion est centrale à la systémique.

Etudiée en linguistique, elle a ouvert la voie aux sciences cognitives.

En anthropologie, Claude Levi Strauss pose le primat des structures intellectuelles sur

le développement social, il cherche des invariants capables d'expliquer l'équilibre social.

En psychologie, c'est la gestalt théorie, (psychologie de la forme), puis PIAGET qui

s'intéresse au développement de l'intelligence chez l'enfant; L'intelligence est décrite

comme la capacité de construire en permanence des structures qui s'établissent par

autorégulation.

 

1.5.          L'information

La théorie de l'information schématise la communication ainsi : toute information est un

message envoyé par un émetteur à un récepteur en fonction d'un code déterminé.

SHANNON et BELL ont appliqué cela à leur seule préoccupation qui était les moyens

de transporter le message, donc en faisant abstraction de la signification du message

(instrumentation), pour BELL le plus important était les canaux de transmission à ne

pas confondre avec la circulation d'information comme porteuse de signification et donc

du contenu, et son application aux langues est qu'elle se fait au détriment du sens et

du contexte culturel.

Pourtant en systémique les deux aspects seront analysés � les canaux de transmissions

comme outils, les informations en tant que message signifiant par son contenu. Or les

deux sont indissociables pour maintenir l'équilibre et la cohérence d'un système.

L'information circulante : présente en permanence dans les échanges, entre et au sein

du système, ce qui permet la prise en compte des changements en temps réels.

(G.BATESON /JL.LEMOIGNE)

L'information structurante : incluse dans les mémoires du système fournit les recettes

de gouvernance. La structure décrit le réseau des relations entre les acteurs du

système. Elle matérialise son organisation souvent hiérarchisée selon plusieurs

niveaux.

1.6.          La finalité

Tout système poursuit une but ou une finalité propre, pour les système humains ont

parle de "projet", pour les systèmes mécaniques on parle "d'utilité". Ceci correspond à

une spécificité vers laquelle tend tout système ouvert malgré les pressions de

l'environnement. C'est la raison d'être qui conduit à l'auto organisation et à adapter les

moyens pour assurer la survie ou le développement. Celle-ci joue un rôle d'attracteur

de cohérence comportementale. C'est la question du "pour quoi faire". Pour l'individu

c'est la question "qu'est-ce que je veux ? Quel résultat je veux obtenir ?/ quel est mon

désir et quelle est ma finalité ?

 

Pour l'individu c'est sa capacité à définir ses propres buts. Or dans l'approche

systémique et pour le monde humain cette finalité se traduit de façon implicite par une

sorte de "vouloir exister ensemble"(G. DONNADIEU)

Un système finalisé, relationnel et englobant pourrait naturellement produire une

organisation apprenante, donc qui génère de l'apprentissage.

 

1.7.          La causalité circulaire

L'existence de rétroactions rend difficile la distinction entre cause et effets. C'est le

paradoxe de l'�uf ou de la poule (Cf. Francisco VARELA, l'autopoeïse). L'effet

rétroagit sur la cause qui devient effet � il est impossible de dire qui se trouve à

l'origine. Une boucle doit toujours être étudiée dans sa globalité dynamique sans

l'ouvrir ou la couper.

1.8.          Le relationnel

Plus que les personnes, la qualité relationnelle est prépondérante. Elle englobe à la

fois l'information structurante, la circulation de l'information en lien avec la finalité tout

en intégrant la causalité circulaire. Les échanges ne sont pas seulement indispensables

à la richesse du système, ils sont indispensables à sa survie, il est donc capital de

les favoriser et de les multiplier au sein des organisations. Pour une entreprise cela

implique que la nature des relations développées par la direction ou la hiérarchie,

aura plus d'impact sur l'évolution des capacités individuelles que la qualité intrinsèque

des capacités de chacun pris individuellement (une personne ayant de nombreuses

qualités et connaissances sera inutile si elle ne peut échanger avec les autres.. ce

sera alors des compétences inexploitées source également de démotivation �. (Cf.

l'auto efficacité personnelle de A. BANDURA)�

Chaque composant tire son identité, au moins autant sinon davantage, de ses

relations avec les autres composants, que de sa nature propre.(G.DONNADIEU)

Un bon climat de travail, de bonnes relations ont autant d'importance sur la motivation

individuelle de chacun que sur les actions individuelles et collectives : plus les

personnes peuvent échanger, plus ils peuvent s'entraider, se compléter, meilleurs

sont les résultats et meilleure est l'ambiance.

Ils sont englobants : le projet de l'équipe est plus important que le projet individuel, le

projet du service est plus important que le projet d'équipe � le projet englobant donne

du sens à celui qu'il englobe.

 

1.9.          Le processus de régulation

Le fonctionnement d'un système repose sur l'existence de multiples boucles de

rétroaction internes (négatives / positives / antagonistes). Articulées entres elles en

"réseau" ces boucles combinent leurs interactions pour maintenir à la fois la stabilité

du système et l'adapter aux évolutions de son environnement. La Cybernétique est la

science qui permet d'étudier les interrelations et interactions entre système ou

composants d'un système.

Dans une organisation il serait nécessaire de faire l'analyse de la dynamique de la

relation en se référent aux dynamiques de groupes par leurs aspects relation et

communication interpersonnelles, et observer les interservices, les inter niveaux.



11/02/2015
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